L’essentiel à retenir
- Thoiras et Corbès sont deux petits villages voisins des Cévennes gardoises, blottis dans la vallée du Gardon entre Anduze et Saint-Jean-du-Gard, à une vingtaine de kilomètres d’Alès.
- Longtemps distinctes, elles forment depuis le 1er janvier 2025 une seule commune nouvelle, Thoiras-Corbès (code postal 30140), qui compte environ 607 habitants.
- Le patrimoine y est étonnamment riche : château de Malérargues (le fameux Roy Hart Theatre), dolmens néolithiques, temples protestants, moulins et ponts au fil de l’eau.
- C’est un territoire de nature : six vallées, la baignade dans le Gardon, la randonnée et le passage du Train à Vapeur des Cévennes.
Il y a des noms qu’on voit toujours écrits ensemble, sans trop savoir pourquoi. Thoiras et Corbès, c’est un peu ça : deux villages des Cévennes gardoises qu’on cite d’un même souffle, coincés dans les plis de la vallée du Gardon, juste au-dessus d’Anduze. Longtemps, beaucoup de gens du coin les confondaient, ou pensaient qu’il s’agissait d’une seule et même commune. Depuis 2025, c’est officiellement le cas. Chez Alès of Courses, on avait envie de démêler tout ça et de vous emmener y flâner.
Car derrière ce trait d’union se cache un petit bout de Cévennes d’une densité rare : des châteaux perchés, des dolmens vieux de plusieurs millénaires, une mémoire camisarde encore vive, des moulins au bord de l’eau et un centre artistique connu dans le monde entier. Le tout dans un décor de collines à châtaigniers et de rivières claires. Dans ce guide, je vous explique où se situe Thoiras-Corbès, ce qu’il faut y voir, et comment organiser votre venue depuis Alès ou Anduze.
Thoiras-Corbès : deux villages, une commune des Cévennes

Avant de partir à l’aventure, plantons le décor. Comprendre où l’on met les pieds, et pourquoi ces deux noms n’en font plus qu’un, c’est déjà la moitié du plaisir.
Où se trouve Thoiras-Corbès ?
Thoiras et Corbès se situent dans le Gard (30), en région Occitanie, au cœur des premières Cévennes. On les trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d’Alès, juste en amont d’Anduze, sur l’axe qui remonte vers Saint-Jean-du-Gard. Ici, la route, la rivière et la voie ferrée du Train à Vapeur se faufilent ensemble dans une vallée étroite. Le territoire, très étendu (environ 26 km² pour à peine plus de 600 habitants), grimpe de 139 à plus de 500 mètres d’altitude : autant dire qu’on passe vite du fond de vallée aux crêtes boisées. Cette situation d’entre-deux fait de Thoiras, en France comme dans le Gard, une étape naturelle entre la plaine anduzienne et la haute vallée cévenole.
Deux communes réunies depuis le 1er janvier 2025
Voilà le point qui prête à confusion, alors soyons clairs. Thoiras et Corbès ont longtemps été deux communes distinctes, chacune avec sa mairie et son histoire, mais si proches et si liées qu’on les citait presque toujours ensemble. Depuis le 1er janvier 2025, elles ont franchi le pas et fusionné en une seule commune nouvelle baptisée Thoiras-Corbès. La mairie principale est installée à Thoiras, et l’ensemble reste rattaché à Alès Agglomération. Concrètement, quand vous cherchez « thoiras corbes » aujourd’hui, vous tombez sur cette entité unique : ce n’est donc pas une faute de frappe, mais bien le nouveau nom officiel du village.
Pour situer les ordres de grandeur, voici la répartition avant et après ce mariage administratif :
| Village | Habitants (env.) | Repère |
|---|---|---|
| Thoiras (ancienne commune) | ≈ 450 | Le plus étendu, siège de la mairie |
| Corbès (ancienne commune) | ≈ 155 | En balcon au-dessus du Gardon |
| Thoiras-Corbès (2025) | ≈ 607 | Commune nouvelle, code postal 30140 |
Six vallées et un habitat dispersé
Ne cherchez pas ici un gros bourg groupé autour d’une place : Thoiras-Corbès, c’est une mosaïque de hameaux éparpillés, fidèle à la tradition cévenole de l’habitat dispersé. Le territoire s’étire sur six vallées parcourues de ruisseaux et de rivières, au premier rang desquels le Gardon. On y retrouve les marqueurs classiques du paysage : les faïsses (ces terrasses de culture retenues par des murs de pierre sèche), les châtaigniers, les vignes, les vergers et les anciennes magnaneries où l’on élevait jadis les vers à soie. Les principaux cours d’eau qui irriguent la commune sont :
- le Gardon de Mialet, qui descend du massif du Bougès ;
- le Gardon de Saint-Jean, venu de la vallée voisine ;
- la Salendrinque, affluent qui a fait tourner filatures et moulins ;
- la Doucette et plusieurs petits ruisseaux de vallon.
À Thoiras-Corbès, on ne choisit pas entre l’histoire et la nature : les deux avancent main dans la main, du dolmen néolithique au Gardon qui file sous les vieux ponts.
Patrimoine : châteaux, dolmens, temples et moulins

C’est là que ces deux villages surprennent le plus : pour un si petit territoire, la concentration de patrimoine est franchement remarquable. Voici les incontournables, résumés d’un coup d’œil avant qu’on entre dans le détail.
| Site | Village | À découvrir |
|---|---|---|
| Château de Malérargues | Thoiras | Le Roy Hart Theatre, centre artistique international de la voix |
| Dolmens de la Grande Pallière | Thoiras | Nécropole néolithique, une trentaine de dolmens vers 440 m |
| Châteaux de Thoiras et de Prades | Thoiras | Anciennes demeures seigneuriales cévenoles |
| Filature du Pont de la Salendrinque | Thoiras | Mémoire industrielle de la soie (XIXe siècle) |
| Moulin du Temps & papeterie | Corbès | Grande roue à eau sur le Gardon, ancienne papeterie (vers 1820) |
| Pont du Mescladou | Corbès | Ouvrage lié à l’arrivée du chemin de fer |
| Temples protestants | Thoiras & Corbès | Mémoire huguenote et camisarde |
Le château de Malérargues et le Roy Hart Theatre
C’est la curiosité la plus inattendue du secteur. Le château de Malérargues, à Thoiras, abrite depuis 1974 le Roy Hart Theatre, un centre artistique international entièrement dédié à la voix. Fondée autour du travail vocal de la troupe britannique de Roy Hart, cette institution installée en pleine campagne cévenole attire chaque année des chanteurs, comédiens et curieux venus du monde entier pour des stages autour de la voix, du corps et du mouvement. On ne s’attend pas, en remontant une petite route du Gard, à croiser un lieu aussi singulier : c’est tout le charme de Thoiras-Corbès, où le patrimoine ne se contente pas d’être ancien, il reste vivant.
Dolmens, châteaux et temples protestants
Le territoire remonte bien plus loin que le Moyen Âge. Sur les hauteurs de Thoiras, la nécropole néolithique de la Grande Pallière, perchée aux alentours de 440 mètres, aligne une trentaine de dolmens : la preuve que ces vallées sont habitées depuis des millénaires. Plus tard, l’époque celte puis romaine y exploita des mines de plomb argentifère. Le Moyen Âge a laissé, lui, les silhouettes des châteaux de Thoiras et de Prades, demeures seigneuriales qui veillent encore sur les vallons. Enfin, impossible de comprendre ces villages sans évoquer la foi protestante : les temples de Thoiras et de Corbès rappellent que nous sommes en terre huguenote, dans un pays profondément marqué par la Réforme.
Car ces Cévennes-là furent l’un des foyers de la révolte des camisards, ces protestants insurgés contre les dragonnades de Louis XIV au début du XVIIIe siècle. L’isolement de Thoiras et de ses innombrables grottes en fit un refuge idéal pour les fugitifs traqués. Cette histoire douloureuse et fascinante, on la retrouve dans toute la vallée : elle résonne par exemple au pont des Camisards à Mialet, à quelques minutes de là, l’un des hauts lieux de la mémoire protestante cévenole.
Moulins, ponts et mémoire industrielle
Fait rare en Cévennes, le Gardon a permis ici une véritable activité industrielle. À Corbès, l’ancienne papeterie installée vers 1820 fabriquait un papier d’emballage brun-jaune, à partir de chiffons récupérés au temps des chiffonniers. Non loin, le Moulin du Temps déploie encore son impressionnante roue à eau au-dessus de la rivière, tandis que le moulin d’Adam et un jardin clos du XVIIIe siècle complètent ce petit patrimoine de vallée. Côté Thoiras, la filature du Pont de la Salendrinque témoigne de l’épopée de la soie. Quant au Pont du Mescladou, il fut bâti lors de l’arrivée du chemin de fer, au début du XXe siècle. Autant de traces d’un passé laborieux qui donnent aujourd’hui de belles étapes de balade.
Papeterie, filature, moulins à eau : dans ces vallées reculées, le Gardon a longtemps fait tourner l’économie autant qu’il abreuvait les jardins.
Nature, Gardon et Train à Vapeur des Cévennes

Si le patrimoine impressionne, c’est bien la nature qui donne à Thoiras-Corbès son atmosphère. On est ici dans un condensé de Cévennes gardoises : de l’eau vive, des forêts de châtaigniers, des sentiers, et ce fameux train qui fume dans la vallée.
Le Gardon, la baignade et le plein air
L’été, le Gardon est la vedette. Ses vasques aux eaux claires invitent à la baignade dès que le soleil tape, et les berges ombragées font des coins de pique-nique parfaits. Autour, les activités de plein air ne manquent pas : randonnée sur les sentiers de vallon, parcours d’accrobranche dans les arbres, et tout simplement de longues flâneries au fil de l’eau. Le secteur compte aussi plusieurs campings, gîtes et chambres d’hôtes qui profitent de ce cadre préservé. Prudence toutefois : comme partout en Cévennes, le niveau du Gardon peut monter très vite lors des épisodes cévenols, ces pluies intenses d’automne. On surveille toujours la météo avant de s’installer au bord de l’eau.
💡 Astuce — Pour préparer votre venue, les horaires des sites et l’agenda des animations, l’office de tourisme Cévennes Tourisme reste la référence la plus fiable et la plus à jour.
Le Train à Vapeur des Cévennes et le vélorail
Difficile de parler de la vallée sans évoquer son attraction la plus célèbre : le Train à Vapeur des Cévennes. Cette ligne historique relie Anduze à Saint-Jean-du-Gard en longeant le Gardon, et traverse précisément le territoire de Thoiras-Corbès, avec sa petite gare de Thoiras. Le spectacle de la locomotive crachant sa vapeur au-dessus de la rivière, entre tunnels et viaducs, reste un grand moment, surtout avec des enfants. Depuis la gare, on peut aussi s’essayer au vélorail, pour parcourir la voie à son rythme et à la force des mollets. Toutes les informations pratiques figurent sur le site officiel du Train à Vapeur des Cévennes.
Les amateurs de marche, eux, sont gâtés : la région est un vrai paradis pour randonner. Si vous débutez ou voyagez en famille, jetez un œil à notre sélection de randonnées faciles dans les Cévennes. Et pour les marcheurs au long cours, le mythique chemin de Stevenson (GR70) descend justement vers Saint-Jean-du-Gard, tout proche.
Visiter Thoiras-Corbès : accès et conseils

Reste l’organisation. Bonne nouvelle : Thoiras-Corbès se cale très facilement dans un séjour à Alès, à Anduze ou dans les Cévennes. Encore faut-il savoir comment y arriver et quoi combiner.
Comment venir à Thoiras-Corbès depuis Alès et Anduze ?
La voiture reste, de loin, le moyen le plus pratique : les vallées cévenoles sont peu desservies par les transports en commun. Depuis Alès, comptez une vingtaine de kilomètres en direction d’Anduze, puis la route de Saint-Jean-du-Gard. Voici les principaux repères de distance :
- Anduze : environ 6 km (la porte des Cévennes, tout près) ;
- Saint-Jean-du-Gard : environ 8 km ;
- Alès : une vingtaine de kilomètres (≈ 25 min) ;
- Nîmes : environ 55 km.
Sur place, gardez en tête que l’habitat est dispersé : mieux vaut viser un point précis (la gare de Thoiras, un hameau, un camping) plutôt que « le centre du village », qui n’existe pas vraiment au sens classique. Une bonne carte ou un GPS bien réglé évite de tourner en rond dans les vallons.
Que faire et où se restaurer autour
Pour réussir une belle journée dans le secteur, voici quelques réflexes simples :
- Prévoyez de bonnes chaussures et de l’eau : ça grimpe, et les sentiers sont parfois caillouteux.
- Calez votre visite sur les horaires du Train à Vapeur si vous voulez le voir passer ou l’emprunter.
- Réservez un moment pour la baignade dans le Gardon aux beaux jours (en surveillant la météo).
- Faites le plein de produits du terroir avant de repartir : miel, châtaigne, fromages de pays.
Côté gourmandise, la commune abrite une boutique de producteurs locaux et le restaurant L’Entre deux Gares, halte sympathique le long de la voie. Et surtout, ne repartez pas trop vite : le vrai luxe, ici, c’est de prendre son temps. Prolongez la journée vers les villages voisins, comme Saint-Jean-du-Gard et ses ruelles, ou du côté d’Anduze avec la belle randonnée du château de Tornac. De quoi transformer une simple étape en vraie escapade cévenole.
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Découvrir tous nos guides Voyage & TourismeFAQ : tout savoir sur Thoiras-Corbès
Thoiras et Corbès, est-ce la même commune ?
Aujourd’hui, oui. Thoiras et Corbès ont longtemps été deux communes distinctes, voisines et souvent citées ensemble. Depuis le 1er janvier 2025, elles ont fusionné pour former une seule commune nouvelle, nommée Thoiras-Corbès, dans le Gard. Chercher « thoiras corbes » n’est donc pas une erreur : c’est le nom officiel actuel du village réuni.
Où se trouve Thoiras-Corbès ?
Thoiras-Corbès se situe dans le Gard, en région Occitanie, au cœur des Cévennes gardoises. Le village se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d’Alès, tout près d’Anduze, sur la route qui remonte vers Saint-Jean-du-Gard, dans la vallée du Gardon.
Quel est le code postal de Thoiras-Corbès ?
Le code postal de Thoiras-Corbès est le 30140, partagé avec Anduze et les communes environnantes. La mairie principale de la commune nouvelle est installée sur l’ancien territoire de Thoiras.
Que voir à Thoiras-Corbès ?
Ne manquez pas le château de Malérargues, qui abrite le Roy Hart Theatre, les dolmens néolithiques de la Grande Pallière, les temples protestants, les moulins et ponts au bord du Gardon, ainsi que le passage du Train à Vapeur des Cévennes. Le tout dans un paysage de vallées, de châtaigniers et de rivières propices à la baignade et à la randonnée.
Comment se rendre à Thoiras-Corbès depuis Alès ou Anduze ?
Le plus simple est la voiture. Depuis Alès, comptez une vingtaine de kilomètres (environ 25 minutes) en direction d’Anduze, puis la route de Saint-Jean-du-Gard. Depuis Anduze, le village n’est qu’à quelques kilomètres. Les transports en commun étant limités dans ces vallées, prévoyez un véhicule et visez un point précis, car l’habitat est très dispersé.