L’essentiel à retenir
- Le Musée du Désert se niche au Mas Soubeyran, un hameau de la commune de Mialet, dans le Gard (Occitanie), au cœur des Cévennes.
- Créé en 1910 et inauguré en 1911, il occupe la maison natale du chef camisard Rolland et raconte l’histoire des huguenots et des Camisards.
- Une vingtaine de salles et plus de 3 000 objets font revivre la période du « Désert » (1685-1787), un siècle de résistance protestante clandestine.
- Chaque année, le 1er dimanche de septembre, l’Assemblée du Désert rassemble 15 000 à 20 000 protestants venus de France et d’ailleurs.
Il y a des lieux qui pèsent bien plus lourd que leur taille ne le laisse deviner. Le Musée du Désert est de ceux-là. Perdu au bout d’une petite route de Cévennes, au Mas Soubeyran, il tient dans une poignée de vieilles maisons de schiste. Et pourtant, quand on pousse la porte, c’est tout un pan de l’histoire de France qui se déplie : celle des protestants traqués, des Bibles cachées sous les planchers et des cultes tenus en pleine montagne, à l’abri des regards.
Chez Alès of Courses, on est à quelques kilomètres à peine, et ce musée fait partie de ces adresses qu’on aime faire découvrir aux visiteurs de passage. Dans ce guide, je vous propose de comprendre ce que raconte le musée du desert (on voit passer bien des orthographes), où il se trouve exactement, ce qu’on y voit, et comment préparer sa visite. Une chose est sûre : on ne repart jamais tout à fait comme on est venu. Suivez-moi.
Le Musée du Désert, au cœur du Mas Soubeyran

Avant de parler d’histoire, posons le décor. Comprendre où l’on met les pieds, c’est déjà entrer dans le récit. Car ici, le lieu n’a rien d’anodin : le musée est installé dans une vraie maison cévenole, celle-là même qui a vu naître l’un des héros de la révolte protestante.
Où se trouve le Musée du Désert ?
Le Musée du Désert se trouve au Mas Soubeyran, un hameau paisible de la commune de Mialet, dans le nord du département du Gard, en région Occitanie. On est en plein cœur des Cévennes, à une quinzaine de kilomètres d’Alès et tout près d’Anduze, la « porte des Cévennes ». Le hameau lui-même est un décor : ruelles étroites, maisons de pierre, châtaigniers et le Gardon qui coule en contrebas. Rien n’a vraiment changé depuis des siècles, et c’est précisément ce qui donne au lieu sa force d’évocation.
Une maison natale devenue lieu de mémoire (1910-1911)
Le musée occupe la maison natale de Pierre Laporte, dit Rolland (parfois orthographié Roland), l’un des principaux chefs de la révolte des Camisards. Né au Mas Soubeyran, ce jeune homme du pays est devenu une figure de la résistance protestante armée du début du XVIIIe siècle, aux côtés de Jean Cavalier. Installer un musée dans sa maison, ce n’était pas un hasard : c’était ancrer la mémoire dans les murs mêmes où elle est née. On y visite d’ailleurs la chambre de Rolland, restée en l’état.
Le lieu a été créé en 1910 et inauguré en 1911, à l’initiative de Frank Puaux et d’Edmond Hugues, deux passionnés d’histoire du protestantisme. Depuis, il n’a cessé de s’enrichir, avec plusieurs agrandissements, le dernier en 2019. Reconnu par le label « Maison des Illustres » du ministère de la Culture, il est considéré comme le plus grand et le plus ancien musée consacré à l’histoire du protestantisme en France. Voici les repères à garder en tête avant la visite :
| Repère | Détail |
|---|---|
| Lieu | Mas Soubeyran, commune de Mialet (Gard, Occitanie) |
| Création | fondé en 1910, inauguré en 1911 |
| Fondateurs | Frank Puaux et Edmond Hugues |
| Thème | histoire des huguenots et des Camisards |
| Parcours | une vingtaine de salles, plus de 3 000 objets |
| Grand rendez-vous | l’Assemblée du Désert, 1er dimanche de septembre |
| À proximité | Anduze (~5 km), Alès (~15 km), Saint-Jean-du-Gard |
La période du Désert : huguenots et Camisards

Pour saisir ce que raconte le musée, il faut remonter le fil d’une histoire douloureuse et méconnue. Le mot « Désert » ne parle pas de sable : il désigne une période précise, un temps de clandestinité et de foi tenace. Prenons le temps de bien la comprendre.
Qu’est-ce que le « Désert » protestant ?
Le « Désert » désigne la période qui s’étend de 1685 à 1787, soit environ un siècle. En 1685, Louis XIV signe la Révocation de l’édit de Nantes : le protestantisme est interdit, les temples sont rasés, les pasteurs bannis. Pour continuer à prier, les huguenots (nom donné aux protestants français) se réunissent en secret, dans les bois, les grottes et les combes de la montagne. Par analogie avec le peuple hébreu errant dans le désert biblique, ils appellent ce temps de résistance « le Désert ». Il faudra attendre l’édit de tolérance de 1787, signé par Louis XVI, pour que la liberté de conscience commence à leur être reconnue.
Le « Désert » n’était pas un lieu, mais un temps : celui où prier sa foi pouvait coûter la liberté, les galères ou la vie.
La révolte des Camisards (1702-1704)
Face à la répression, une partie des protestants cévenols prend les armes. C’est la guerre des Camisards, un soulèvement paysan qui embrase les Cévennes de 1702 à 1704. Ces combattants — surnommés « Camisards », sans doute d’après la chemise (camisa en occitan) portée lors des attaques nocturnes — mènent une guérilla contre les troupes royales, bien plus nombreuses. Rolland et Jean Cavalier en sont les chefs les plus célèbres. Le musée consacre une salle entière à cet épisode, avec des armes, des documents et des objets qui racontent cette lutte inégale. Pour prolonger sur leurs traces, jetez un œil au pont des Camisards à Mialet, à deux pas du musée.
Cette histoire n’appartient pas qu’aux livres : elle a façonné le pays tout entier. Les villages voisins portent encore la marque de cette identité protestante, à commencer par Saint-Jean-du-Gard, autre haut lieu de la mémoire camisarde. Le Musée du Désert s’inscrit d’ailleurs sur l’itinéraire culturel européen « Sur les pas des Huguenots et des Vaudois », qui suit la route de l’exil protestant à travers l’Europe. Pour approfondir le contexte, la référence reste le Musée protestant virtuel, qui documente cette période avec rigueur.
Que découvre-t-on au musée ? Collections et parcours

Assez de contexte, entrons dans le vif. Qu’est-ce qu’on voit, concrètement, une fois passé le seuil ? Beaucoup plus qu’on ne l’imagine : le parcours est riche, dense, et souvent bouleversant par sa simplicité.
Une vingtaine de salles, plus de 3 000 objets
Le parcours déroule une vingtaine de salles réparties dans les maisons du hameau, sur environ 800 m². On y présente plus de 3 000 objets, documents, livres et costumes authentiques. Le fil est chronologique et thématique : il mène de la Réforme et des guerres de Religion jusqu’à la Révolution française, en passant par la Révocation et le temps du Désert. Chaque salle éclaire un aspect : la vie quotidienne, la répression, la résistance, l’exil, puis le lent retour à la liberté. On ressort avec une vision claire d’un siècle de persécutions.
Objets du culte clandestin : Bibles, méreaux, chaires démontables
Ce sont souvent les objets les plus modestes qui émeuvent le plus. Le musée conserve des Bibles et des psautiers minuscules, faciles à cacher, des coupes de communion, et surtout ces chaires démontables que l’on transportait pour prêcher au Désert avant de les faire disparaître. On y admire aussi les fameux méreaux, ces petits jetons de métal qui servaient de laissez-passer discrets pour accéder aux assemblées interdites. Voici quelques pièces emblématiques à ne pas manquer :
- les Bibles et psautiers de poche, dissimulés dans les vêtements ou les meubles ;
- les chaires démontables et pupitres pliants du culte clandestin ;
- les méreaux, jetons de reconnaissance entre fidèles ;
- les armes et souvenirs de la guerre des Camisards ;
- la chambre de Rolland et le mémorial des martyrs du Désert.
L’Assemblée du Désert, chaque 1er dimanche de septembre
Le musée n’est pas qu’un lieu figé : une fois par an, il devient le cœur battant du protestantisme français. Chaque 1er dimanche de septembre, depuis 1911, se tient l’Assemblée du Désert, un grand rassemblement en plein air qui réunit entre 15 000 et 20 000 personnes venues de toute la France, mais aussi de Suisse, d’Allemagne, des Pays-Bas et d’ailleurs. Culte, prédications, chants et pique-nique sous les châtaigniers : c’est à la fois une célébration religieuse et un moment de mémoire collective, dans la lignée des assemblées clandestines d’autrefois. Un rendez-vous unique, ouvert à tous, croyants ou simples curieux.
Là où l’on se cachait pour prier il y a trois siècles, des milliers de personnes se réunissent aujourd’hui au grand jour : c’est tout le sens de l’Assemblée du Désert.
Comment visiter le Musée du Désert

Reste le nerf de la guerre : l’organisation. Bonne nouvelle, la visite se prépare très simplement. Voici comment caler votre venue, sachant qu’un point demande un peu de vigilance : les horaires et les tarifs.
Quand y aller et où trouver horaires et tarifs
Le Musée du Désert ouvre ses portes durant la belle saison, principalement du printemps à l’automne, avec une amplitude horaire élargie en plein été. En dehors de cette période, l’accès devient plus restreint. Comme les horaires, les tarifs et les dates d’ouverture saisonnière peuvent évoluer d’une année à l’autre, je préfère vous renvoyer à la seule source vraiment fiable : le site officiel du Musée du Désert. Vérifiez-y aussi le calendrier des animations (conférences, concerts, théâtre) avant de partir, pour ne pas rester devant la porte close.
💡 Astuce — Évitez le 1er dimanche de septembre si vous cherchez une visite au calme : c’est le jour de l’Assemblée du Désert, magnifique mais très fréquenté. À l’inverse, si vous voulez vivre ce grand rassemblement, c’est LE jour à cocher. Consultez toujours les horaires à jour sur le site officiel.
Comment venir et que faire autour
Le plus simple reste la voiture. Depuis Alès, comptez une vingtaine de minutes en direction d’Anduze, puis suivez la route de Mialet et les panneaux « Mas Soubeyran ». La dernière portion se fait sur une route étroite et sinueuse, typiquement cévenole : roulez tranquille, un parking accueille les visiteurs à l’entrée du hameau. Voici comment organiser une visite réussie, étape par étape :
- Vérifiez les horaires et tarifs du jour sur le site officiel museedudesert.com.
- Rejoignez le Mas Soubeyran (commune de Mialet) en voiture et garez-vous au parking du hameau.
- Parcourez la vingtaine de salles à votre rythme : prévoyez au moins une heure trente.
- Prolongez par une balade dans le hameau et le long du Gardon tout proche.
Le Mas Soubeyran est aussi un point de départ idéal pour explorer les environs. À deux pas, le pont des Abarines à Mialet offre une baignade rafraîchissante dans le Gardon, parfaite après la visite. Les marcheurs trouveront leur bonheur avec nos idées de randonnées faciles dans les Cévennes, dont certaines suivent d’anciens chemins protestants. Et si les grands espaces vous tentent, le chemin de Stevenson passe non loin, à travers ce même pays de mémoire et de châtaigniers.
Envie de continuer l’exploration des Cévennes ?
Découvrir tous nos guides Voyage & TourismeFAQ : visiter le Musée du Désert
Où se trouve le Musée du Désert ?
Le Musée du Désert se situe au Mas Soubeyran, un hameau de la commune de Mialet, dans le Gard (Occitanie), au cœur des Cévennes. Il se trouve à une quinzaine de kilomètres d’Alès et à quelques minutes seulement d’Anduze. Pour l’adresse précise et l’itinéraire, reportez-vous au site officiel du musée.
Pourquoi l’appelle-t-on le « musée du Désert » ?
Le nom vient de la période du « Désert » (1685-1787), durant laquelle les protestants français, privés de leurs temples après la Révocation de l’édit de Nantes, priaient en secret dans la nature. Par référence au peuple hébreu du désert biblique, ils ont donné ce nom à ce siècle de résistance clandestine. Le musée en perpétue la mémoire.
Qu’est-ce que la croix huguenote ?
La croix huguenote est le symbole des protestants français : une croix ajourée inspirée de la croix de Malte, ornée d’une colombe (le Saint-Esprit) en pendentif. Née dans le sud de la France à la fin du XVIIe siècle, elle est devenue un emblème identitaire fort. On peut en trouver à la boutique du musée, aux côtés de livres et de souvenirs.
Quand a lieu le rassemblement protestant (Assemblée du Désert) ?
L’Assemblée du Désert se tient chaque année le 1er dimanche de septembre, depuis 1911. Ce grand rassemblement en plein air réunit 15 000 à 20 000 personnes venues de France et de plusieurs pays européens, pour un culte, des prédications et un moment de mémoire. L’entrée est ouverte à tous.
Quels sont les horaires et tarifs du Musée du Désert ?
Le musée est ouvert principalement du printemps à l’automne, avec des horaires élargis en été et un accès plus restreint le reste de l’année. Comme les horaires et les tarifs évoluent selon la saison, le plus sûr est de les vérifier directement sur le site officiel museedudesert.com avant de vous déplacer.
Le Musée du Désert est-il à Mialet ou à Anduze ?
Il est officiellement situé à Mialet, au hameau du Mas Soubeyran, et non à Anduze. La confusion est fréquente car Anduze, plus connue, se trouve à seulement quelques kilomètres et sert souvent de point de repère. Quelle que soit l’orthographe employée (« musée du desert », « musee du desert »), il s’agit bien du même lieu, dans le Gard.